La face cachée des contes de fées

Avez-vous déjà remarqué que dans les contes de fées, l’aventure a lieu avant de rencontrer l’homme ou la femme de sa vie? Même dans les films romantiques ou dit « de fille », les hauts et les bas ont lieu avant le mariage ou l’arrivée du premier enfant. Comme si, une fois qu’on était casé, on pouvait dire le sourire aux lèvres « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants! » Comme si, une fois en couple, tout allait bien aller comme dans une boule de ouate bien douillette. Ça serait si simple si la vie pouvait ressembler à cette phrase-là « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants! » Au revoir soucis, angoisse, stress, métro-boulot-dodo, conciliation travail-famille…

La réalité c’est que la vie n’arrête pas ces hauts et ces bas, les joies et les peines dès qu’on est en couple et encore moins quand un ou des enfants arrivent. Certes, avoir des enfants rend heureux. Je pense que mes enfants sont le plus beaucoup cadeau que la vie m’ait offert. Mais être heureux est un état d’esprit, cela se travaille. De nos jours un couple sur deux se sépare et un enfant sur cinq âgés entre 5 et 9 ans a vécu la séparation de ses parents.

Il n’y a rien d’acquis de façon définitive. La vie est en mouvement, les choses changent. Prenons le travail par exemple. Pour décrocher un boulot nous montrons nos compétences, nous mettons de l’avant nos forces et nos atouts. Nous essayons de séduire l’employeur, comme nous essayons de séduire la personne qui nous a tapé dans l’œil. Advenant le cas que nous obtenions le poste, il ne nous viendrait pas à l’esprit d’arrêter là la séduction. La plupart d’entre nous souhaite garder son emploi, alors nous fournissons un travail de qualité, dans les délais demandés. Nous utilisons les compétences présentées à l’entrevue d’embauche pour effectuer le travail demandé. A aucun moment, nous nous disons « J’ai décroché l’emploi de mes rêves, je peux maintenant m’assoir sur mes lauriers, j’ai plus rien à faire! » Un couple s’est un peu la même chose, pour que ça dure, il faut investir dedans et pas juste un an ou deux ou quelques jours par-ci, par-là.

La clé selon moi, c’est l’amour. Pas l’amour passionnel plein de papillons dans le ventre du début, celui-là ne dure pas. Le début, justement, c’est le conte de fée, l’aventure, la découverte. Je parle de l’amour complice, celui qui arrive au moment de la phrase de fin du conte de fée « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Cet amour-là est fait de routine, de métro-boulot-dodo, de conciliation travail-amis-couple au début qui se transformera en conciliation travail-famille(-amis j’ajouterai), si les enfants pointent le bout de leur nez. Cet amour-là ne va pas de soi, il se nourrit de complicité, de respect, d’admiration, de confiance, de soutient, d’acceptation. Mais pour pouvoir faire ça sereinement, il est bon de se connaitre, savoir quelles sont nos valeurs, nos besoins, nos aspirations. Il faut commencer par soi pour ensuite choisir la bonne personne pour poursuivre le chemin ensemble.

Être honnête avec soi, être à l’écoute de soi est quelque chose de très difficile mais de très bénéfique. Si vous ne vous écoutez pas, si vous ne vous connaissez pas, attendez d’avoir des enfants… Les enfants sont votre miroir. Ils renvoient aux parents leur imperfection, leur peur, leur angoisse mais également leur bon coup et leur succès. Oui, avoir des enfants rend heureux, mais là encore cela ne coule pas de source! Il faut travailler. Élever un ou des enfants n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a le conjoint à prendre en compte, sa vision de l’éducation, ses valeurs, ses blessures. Surtout il y a nous, avec notre vision, nos valeurs et nos blessures. Un enfant vous rentre dedans, vient chercher les plus petites imperfections et bobos que vous avez essayé de cacher à vous-même pendant des années.

Au moment du conte de fée, de l’aventure, peut-être vous étiez vous dit que vous serait tel ou tel parent, que vous feriez les choses comme ceci ou cela. Puis est arrivé l’enfant tant attendu et oups, la vision parfaite a été rattrapée par la réalité. Les couches, les premiers pas, l’école, les devoirs ont pris le pas sur l’idéal. La routine a fait son entrée et avec son lot de soucis, peurs, angoisses.

Non, avoir un enfant n’est pas un conte de fée ou film romantico-familial avec de l’action toutes les deux minutes. C’est un travail de longue haleine qui demande de la patience, de l’amour et de la bienveillance pour l’enfant oui, mais surtout pour soi. Il n’existe aucune école qui délivre un diplôme de papa ou de maman, là-dessus nous sommes tous égaux. Le premier enfant nous délivre le diplôme à sa naissance. On peut lire des tonnes de livres, de blogues, de magazines sur la parentalité et l’éducation des enfants. On peut regarder des films, des dessins animés, des films d’animation sur la parentalité et l’éducation des enfants. On peut demander des conseils à la famille, les amis. La vérité c’est que cela nous donnera des idées mais que dans la réalité il y aura toujours un petit quelque chose de différent qui nous renverra à nous-même et remettra en question ce que nous sommes en train d’appliquer.

Là encore, la clé est de se connaître, connaître ses valeurs, ses besoins, ses aspirations. Si on est droit envers nous-même, alors l’enfant le sentira. Si on est honnête avec nous-même alors on sera plus apte à travailler sur ce qui ne nous plait pas. Si on apprend à s’écouter avec bienveillance alors on sera plus en confiance et l’enfant encore le sentira. Si on est soi-même alors on sera enfin le parent extraordinaire que nous méritons tous d’être. On pourra dire « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants heureux! »

Inscrivez votre prénom et votre courriel pour obtenir gratuitement le magazine mensuel sur le témoignage de parents
Join over 3.000 visitors who are receiving our newsletter and learn how to optimize your blog for search engines, find free traffic, and monetize your website.
We hate spam. Your email address will not be sold or shared with anyone else.